Le Mali traverse une nouvelle zone de fortes turbulences après les attaques coordonnées des 24 et 25 avril 2026, qui ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara.
Figure clé du régime militaire, Sadio Camara a été tué lors d’un assaut d’ampleur visant plusieurs positions stratégiques, dont la garnison de Kati, près de Bamako. Ces attaques simultanées ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le Front de libération de l’Azawad, marquant une escalade significative de l’insécurité.
Après plusieurs jours d’absence qui ont alimenté les rumeurs, le président de la transition, le général Assimi Goïta, s’est exprimé à la télévision nationale mardi soir. Il a qualifié les événements d’« attaques coordonnées d’une extrême gravité », tout en affirmant que « la situation est maîtrisée » et que le dispositif sécuritaire a été renforcé.
Dans la journée, le chef de l’État s’était rendu au chevet des militaires blessés à Kati et avait reçu à Bamako l’ambassadeur de la Russie, partenaire stratégique du Mali. Il a évoqué « le prix à payer du choix de la souveraineté », saluant la coopération avec Moscou, alors même que les forces russes ont récemment réduit leur implication directe sur le terrain.
#MALI: Le général Assimi Goïta s’est adressé mardi soir à la nation malienne après quatre jours d’absence publique qui avaient nourri les spéculations. Le président de la transition a qualifié les événements du week-end d’« attaques coordonnées d’une extrême gravité » stoppées… pic.twitter.com/xezsPcr2yn
— Stanis Bujakera Tshiamala (@StanysBujakera) April 28, 2026
Malgré ces déclarations, la situation reste fragile. Des détonations ont encore été entendues dans la nuit du 27 au 28 avril dans la zone aéroportuaire de Bamako, signe d’un climat sécuritaire toujours instable. Dans le nord, la ville de Kidal demeure sous le contrôle des groupes armés, qui consolident leurs positions.
Par ailleurs, des inquiétudes persistent au sommet de l’État : l’état de santé du général Modibo Koné, chef des services de renseignement, se serait dégradé, fragilisant davantage un régime déjà éprouvé.
Dans un pays confronté à une insécurité chronique, la mort de Sadio Camara apparaît comme un tournant majeur, posant à nouveau la question de la capacité des autorités de transition à stabiliser durablement le Mali.