Le gouvernement congolais a placé la mine de coltan de Rubaya au Nord-Kivu, actuellement sous contrôle du M23, à une liste restreinte d'actifs stratégiques qu'elle propose aux États-Unis dans le cadre d'un accord de coopération minière.
C’est ce qu’a rapporté cette semaine le média international Reuters qui cite un haut responsable congolais et un diplomate américain.
Selon le document, le Congo estime que la mine de Rubaya a besoin de 50 à 150 millions de dollars pour redémarrer et augmenter sa production commerciale, alors qu’un retour sur investissement rapide est attendu grâce à la forte demande mondiale de tantale.
Et si le gouvernement congolais avance que l’occupation de la mine de Rubaya par le M23 « ne peut nullement lui empêcher de l’inclure dans son offre aux américains ou à tout autre partenaire », le mouvement rebelle estime de son côté que l’attitude de Kinshasa est purement illusoire : « Vendre en public un bien dont on n’a ni possession ni contrôle est une tentative désespérée de survie », a écrit sur X Bertrand Bisimwa, président du M23 et coordonnateur adjoint de l’Alliance Fleuve Congo, la plateforme politico-militaire qui parraine son mouvement ; qui soutient qu'avec les minerais dits stratégiques, Kinshasa nourrit l'illusion de disposer d’une arme redoutable, un « Sésame, ouvres-toi » pour mettre sous sa botte les puissances mondiales.
Avec les minerais dits stratégiques, Kinshasa nourrit l'illusion de disposer d’une arme redoutable, un « Sésame, ouvres-toi » pour mettre sous sa botte les puissances mondiales. Vendre en public un bien dont on n’a ni possession ni contrôle est une tentative désespérée de survie. pic.twitter.com/o5D4XEIl06
— Bertrand Bisimwa (@bbisimwa) February 18, 2026
Notez que la mine de Rubaya recèle plusieurs milliers de tonnes de coltan dont la concentration en tantale varie de 20 à 40 %.
Elle représente environ 15 % de la production mondiale de coltan, extrait manuellement par des populations locales démunies qui gagnent quelques dollars par jour.