Dans son dernier rapport publié cette semaine, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo est revenu sur la situation des droits de l’homme dans le pays au cours du mois de janvier 2026.
Il avance que durant cette période, la situation humanitaire et celle des droits humains a continué à se dégrader en raison de la poursuite des attaques menées par divers groupes armés, notamment l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), les Forces démocratiques alliées (ADF) et la Coopérative de développement du Congo (CODECO), les Wazalendo, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la Convention pour la révolution populaire (CRP) contre les civils, ainsi que des affrontements entre ces groupes armés et les forces de défense et de sécurité.
Les groupes armés en première position
Le BCNUDH a ainsi documenté 439 violations et atteintes aux droits humains dans tout le pays, soit une diminution de 27% comparé au mois de décembre qui avait totalisé 607 violations et atteintes.
Au moins 97% de ces violations et atteintes ont été documentées dans les provinces affectées par le conflit armé avec 411 d’entre elles commises dans les provinces du Nord-Kivu (242), du Sud-Kivu (122) et de l’Ituri (42).
La majorité de ces violations et atteintes, soit 70%, sont imputables à des groupes armés, notamment l’AFC/M23 responsable de 140 atteintes aux droits humains, les Wazalendo (56), les ADF (27), divers groupes Maï-Maï (15) et les FDLR (10).
Il indique que les agents de l’Etat ont été responsables de 135 violations des droits humains, soit 30%, en particulier les membres des Forces armées de la République démocratique du Congo-FARDC (90 violations) et de la Police Nationale Congolaise-PNC (31 violations).
Le BCNUDH a également documenté au cours du mois de janvier au moins 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits (VSLC), affectant 61 victimes (39 femmes, 21 filles et un homme) : « Ce chiffre représente une diminution de 59% par rapport au mois précédent, où 147 victimes (102 femmes et 45 filles) avaient été documentées », précise-t-il soutenant que cette diminution de 59% des cas documentés en janvier 2026 s'explique principalement par la sous-documentation causée par l’insécurité et les difficultés d’accès des victimes à l’assistance humanitaire, plutôt qu'une réelle diminution de la violence.
Des acteurs politiques parmi les victimes
Pour ce qui est des violations et atteintes aux droits humains en lien avec l’espace civique ; le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme dit avoir documenté 7 cas ayant fait neuf victimes, dont une femme, soit une diminution de 21 violations par rapport au mois précédent (28 violations, avec 62 victimes).
Toutes ces violations ont été enregistrées dans la province du Sud-Kivu et ont été commises par des groupes armés, dont six par les Wazalendo et une par l’AFC/M23, souligne-t-il.
Aussi, il révèle qu’à la date du 30 janvier 2026, 42 membres de partis politiques, demeurent en détention après avoir été arrêtées par des services de renseignements, le Conseil National de cyberdéfense (CNC), la justice militaire ou par des personnes non encore identifiées : « Ces personnes sont détenues à la prison militaire de Ndolo et dans de nombreux cachots clandestins gérés par le CNC », explique-t-il signifiant que la majorité de ces personnes sont des membres des partis politiques de l’opposition dont « Ensemble pour la République de Moise Katumbi » (20) et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie de Joseph Kabila dont la plupart sont accusés d’être de connivence avec l’AFC/M23.