En 2025, la République démocratique du Congo (RDC) a de nouveau été confrontée à une épidémie de rougeole, avec plus de 82.869 cas suspects et 1.175 décès enregistrés dans presque toutes les provinces, selon les autorités sanitaires locales. 

Une flambée qui survient dans un contexte sanitaire extrêmement fragile, marqué par la coexistence de plusieurs crises sanitaires, telles que épidémies de Mpox ou choléra, et une insécurité persistante dans l’est du pays, ainsi qu’une baisse des financements humanitaires et de santé.

En réponse, Médecins Sans Frontières (MSF) dit avoir déployé des équipes pour soutenir les efforts des autorités sanitaires visant à endiguer la maladie ; une réponse qui s’inscrit dans un contexte de transition, alors que le vaccin combiné rougeole–rubéole (RR) a récemment été introduit dans le programme national de vaccination de routine, marquant une étape importante dans le renforcement de la prévention.

La situation est particulièrement grave dans l’est de la RDC, où des décennies de conflits armés — récemment intensifiés par les affrontements entre l’armée congolaise et l’alliance AFC/M23 ainsi que leurs alliés respectifs — ont aggravé l’insécurité, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux services de santé, explique MSF : « Les déplacements de population causés par les combats en cours créent un terrain propice à la poursuite de la transmission et à la propagation rapide de la maladie entre les régions », explique le Dr Ndong, coordinateur médical de MSF en RDC.

Il précise que les contraintes logistiques et les pénuries de financement jouent également un rôle dans la livraison des vaccins et des fournitures médicales dans cette partie du pays.

Aussi, il indique que les restrictions imposées aux opérations humanitaires dans les aéroports de Bukavu et de Goma obligent les acheminements depuis Kinshasa vers certaines zones de l’Est du pays à emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux, entraînant des retards de livraison et mettant davantage sous pression des ressources déjà limitées : « Même lorsque les fournitures sont disponibles, leur acheminement vers les zones où elles sont nécessaires est devenu beaucoup plus complexe et coûteux », ajoute le Dr Ndong avançant que les autorités sanitaires et les organisations non-gouvernementales, dont MSF, s’efforcent de reconstituer les stocks, mais cela nécessite désormais des ressources logistiques et financières bien plus importantes, à un moment où les financements humanitaires sont fortement réduits et où les dépenses publiques en matière de santé demeurent insuffisantes.

« La poursuite de la collaboration et du soutien est essentielle pour protéger les enfants contre la rougeole. Nous encourageons les autorités, les partenaires et les communautés à travailler ensemble afin de renforcer les efforts de vaccination, consolider les systèmes de santé et garantir que les soins essentiels parviennent à chaque enfant dans le besoin », conclut le Dr Ndong.