Le Président Félix Tshisekedi, intervenant lors de la récente réunion du conseil des ministres tenue le weekend dernier, est revenu sur la nécessité de renforcer la gouvernance du secteur extractif de la RDC et de mettre un terme définitif aux pratiques qui en compromettent gravement les retombées au profit de la Nation. 

Il a dit avoir été saisi des informations concordantes faisant état du développement préoccupant d’une exploitation minière anarchique et cavalière dans certaines parties du territoire national, notamment dans les territoires d’Aru et de Mahagi en province de l’Ituri, ainsi que dans les provinces du Bas-Uélé et du Maniema.

Menées en marge de tout cadre légal et réglementaire, ces activités se caractérisent par des atteintes graves et inacceptables à la dignité humaine, à l’environnement et à l’autorité de l’État, notamment la profanation de sépultures avec exhumation de restes humains, la destruction des terres agricoles, la pollution des nappes aquifères par l’usage de substances toxiques telles que le cyanure, ainsi que des traitements dégradants et des arrestations arbitraires visant autorités coutumières et citoyens dénonciateurs, a-t-il fait savoir.

Au-delà de ces violations, il estime qu’il s’agit d’une véritable spoliation organisée des ressources naturelles de la RDC, opérée à grande échelle au moyen d’engins lourds pour l’extraction de l’or et d’autres minerais stratégiques pour des valeurs se chiffrant en milliards de dollars annuels, sans bénéfice pour le Trésor public ni pour les communautés locales.

Et pour lui, cette situation est inacceptable et doit cesser immédiatement car elle porte atteinte à la souveraineté économique de la RDC, compromet la soutenabilité de son environnement et fragilise la cohésion sociale dans les zones concernées.

Il a tenu, à cet égard, à saluer l’initiative du Ministre des Mines, qui a déjà mis en place une Commission mixte associant les autorités provinciales, l’administration minière, ainsi que les forces de défense et de sécurité, en vue d’identifier les responsabilités et de proposer des mesures correctives appropriées.

Afin de renforcer cette dynamique et d’assurer une réponse à la hauteur des enjeux, le Président Félix Tshisekedi a instruit les ministres concernés parmi lesquels celui de l’Intérieur, de se joindre pleinement aux efforts du Ministre des Mines, en vue de la mise en place d’un dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre l’exploitation minière illicite.

Ce dispositif, a-t-il signifié, devra intégrer la saisie systématique des engins utilisés dans ces exploitations illégales, la traçabilité et la sécurisation des sites concernés, l’identification, la poursuite judiciaire et la sanction, sans complaisance, de tous les auteurs, co-auteurs, complices et de leurs réseaux de soutien, ainsi que la redistribution, dans un cadre légal et transparent, des équipements saisis au profit de structures congolaises qualifiées, engagées dans une exploitation responsable et conforme aux normes environnementales et sociales.

Par ailleurs, le Ministre des Mines a été invité à soumettre, dans les meilleurs délais, des propositions concrètes visant à doter l’Inspection Générale des Mines des moyens humains, techniques et financiers nécessaires à l’accomplissement efficace de sa mission.

Une nouvelle unité paramilitaire chargée de sécuriser les mines

Dans la foulée, l'Inspection générale des mines (IGM) a annoncé la création d'une Garde minière qui sera déployée dans 22 provinces, financée à hauteur de 100 millions de dollars dans le cadre de ses partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes Unis.

Dans un communiqué publié ce lundi 27 avril 2026, l’IGM a expliqué que ce corps, qui devra compter 20.000 membres, aura pour missions la sécurisation des sites miniers et le convoyage des minerais depuis les zones d'extraction jusqu'aux unités de traitement et aux postes frontaliers : « La volonté du Président de la République, que nous mettons en œuvre, est d'assainir l'ensemble du secteur minier de la RDC, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais », a déclaré l'Inspecteur général des mines, Rafael Kabengele.

L’on indique que cette initiative s'inscrit dans la continuité de l'accord de partenariat sur les minerais critiques et la sécurité signé le 4 décembre entre Kinshasa et Washington, auquel s'ajoute un accord similaire conclu avec Doha portant spécifiquement sur l'or.