Ils sont environ une quarantaine de véhicules transportant des produits pétroliers stationnés le long de la Route nationale n°4 (RN4), au niveau du poste frontalier de Kasindi. Outre ceux visibles sur la RN4, d’autres camions restent immobilisés dans des entrepôts.

Conséquence déjà visible : un important embouteillage est observé dans cette agglomération frontalière. Des agents de la Police de circulation routière sont déployés de part et d’autre afin de réguler le trafic sur cette route en pleine réhabilitation par l’entreprise Dott Services.

Des sources au sein de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) à Kasindi indiquent que cette situation est liée à la grève déclenchée par les opérateurs économiques, couplée à la non-opérationnalisation du système SYDONIA, dans lequel sont intégrées plusieurs taxes, notamment la Taxe de promotion de la santé (TPS) et la Taxe sur les produits toxiques (QPT). Selon les opérateurs économiques, ces prélèvements ont contribué à la hausse des prix des produits de première nécessité et provoqué une cessation partielle des activités au niveau des services douaniers.

Selon ces mêmes sources, près de 30 véhicules transportant des produits pétroliers franchissent quotidiennement la douane de Kasindi.

Pendant cette période, certains véhicules auraient été autorisés à franchir la frontière avant l’accomplissement des formalités douanières, en attendant la régularisation des procédures. Les retards enregistrés dans ce processus expliqueraient ainsi la présence prolongée de ces camions sur la RN4.

Sur le marché, les prix du carburant restent élevés malgré une légère baisse. Le litre, vendu auparavant à 8 500 francs congolais, se négocie actuellement autour de 6 000 francs dans les deux stations-service de Kasindi. Chez les revendeurs, les prix varient entre 6 000 et 7 000 francs le litre.

Joint par notre rédaction, le chef de service de l’Économie au poste frontalier de Kasindi, Amos Muhasa, affirme qu’une réunion a été tenue ce jeudi 7 mai avec les opérateurs économiques du secteur pétrolier afin de donner de nouvelles orientations sur la réglementation des prix.

Selon lui, une baisse pourrait intervenir dans les prochains jours. D’après des indiscrétions recueillies à l’issue de cette réunion, le litre de carburant pourrait revenir entre 4 500 et 5 000 francs congolais, en attendant l’évacuation des anciennes cargaisons déclarées à des coûts plus élevés.

Pour rappel, dans la cité frontalière de Kasindi-Lubiriha, au Nord-Kivu, une importante réunion de concertation s’était tenue le samedi 2 mai, à l’initiative du directeur provincial de la Direction générale des douanes et accises du Nord-Kivu, Kayembe Ngindu Paul. Plusieurs acteurs socio-économiques, responsables étatiques, représentants de la société civile et mouvements citoyens avaient tenté d’apporter des réponses à la crise née de l’interdiction des véhicules hors normes et de la contestation de certaines taxes douanières.

Au cours des discussions, les opérateurs économiques regroupés notamment au sein de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et de l’Association des commissionnaires agréés en douane (ACCAD) ont plaidé pour des mesures transitoires concernant les nombreux véhicules déjà immobilisés sur l’axe Kasindi-Beni-Butembo.

Dans un entretien accordé à Grands Lacs News, le vice-président de la FEC à Kasindi, Profil Kalengya, explique que les acteurs économiques souhaitent voir ces camions autorisés, à titre exceptionnel, à poursuivre leur trajet jusqu’à destination afin de décharger leurs marchandises.