La créatrice gomatracienne Ndaliko Sifa Aline, CEO de Alinda Fashion House et Alinda Fashion Academy, fait partie des neuf designers sélectionnés pour la toute première cohorte de l’IRMA Institut Régional de la Mode en Afrique. Après six mois de formation intensive, elle a reçu ce mardi son brevet officiel, lors d’une cérémonie solennelle organisée à Kinshasa, marquant la clôture du programme La Mode à Impact.
Recevoir ce brevet représente bien plus qu’un certificat pour la créatrice venue de Goma.
« Cette formation a été un moment profondément bénéfique, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Malgré mes compétences préalables en couture, l’IRMA m’a permis d’aller encore plus loin, d’ajouter une réelle valeur à mon savoir-faire », confie-t-elle.
Issue d’un concours de sélection rigoureux, Ndaliko Sifa Aline souligne la dimension de cette reconnaissance, soutenue par l’Ambassade de France en RDC.
« Cet événement donne encore plus de crédibilité au travail accompli. Ce que nous avons appris ne restera pas théorique, nous allons le pratiquer et l’intégrer dans notre vie professionnelle ».
Un brassage culturel qui redéfinit la vision de la mode
La cohorte réunissait 9 designers issus de 5 pays africains : RDC, Congo-Brazzaville, Cameroun, Gabon et Centrafrique. Cette diversité a été un véritable catalyseur créatif.
« Travailler avec des designers venus d’horizons différents m’a ouvert à d’autres manières de penser la mode. Chacun apportait son héritage culturel, ses techniques et sa sensibilité ».
Au-delà de la couture, la formation a mis l’accent sur des notions souvent négligées dans l’écosystème local : éco-conception, identité créative, structuration d’une collection et posture professionnelle du créateur.
« Nous avons compris qu’un créateur ne se limite pas à coudre. Il pense, il structure, il innove, il anticipe ».
Entre entraide et exigence collective
Contrairement à une compétition classique, l’expérience IRMA s’est construite sur une dynamique de collaboration.
« C’était une entraide fraternelle. Nous avancions ensemble, avec une exigence commune de qualité et d’excellence ».

Les participants ont également été initiés aux outils technologiques tels que Photoshop, CLO 3D et Illustrator, permettant d’allier création artisanale et innovation numérique, un aspect encore peu développé dans plusieurs régions du pays.
La Sape de demain : entre Goma et le futur
Le thème de la soirée de clôture, « La Sape de demain », a permis à Ndaliko Sifa Aline de projeter l’identité de Goma dans une vision futuriste de la mode.
Pour elle, la Sape de demain sera consciente, responsable et enracinée, intégrant des matières durables, des technologies modernes, tout en restant fidèle aux identités locales.
« Goma est une ville d’énergie, de résilience et de contrastes. J’ai voulu traduire ses couleurs, sa force et ses défis dans une collection tournée vers l’avenir, mais profondément connectée à nos réalités ».
Un retour aux sources pour impacter localement
De retour à Goma, la créatrice ambitionne de renforcer la formation des jeunes créateurs, à travers Alinda Fashion Academy, en intégrant les compétences acquises durant la cohorte IRMA.
« Notre jeunesse a soif d’apprendre et de se perfectionner. Cette formation est une base solide que je compte adapter à notre contexte local ».
Un message aux créateurs de l’Est de la RDC
À ceux qui hésitent encore à franchir le pas vers des plateformes nationales ou internationales, son message est clair : « Il ne faut pas se limiter. La mode est un métier structuré et exigeant. Nous devons croire en notre potentiel, oser nous exposer et comprendre que notre identité locale est une richesse, pas un frein ».
Une cérémonie de haut niveau
La cérémonie de clôture a été rehaussée par la présence de plusieurs personnalités, notamment Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Henri Kalama Akulez, Directeur général de l’Académie des Beaux-Arts, ainsi que Rémi Maréchaux, Ambassadeur de la France en RDC, aux côtés de la créatrice gomatracienne.
Avec cette première cohorte, l’IRMA pose les bases d’un écosystème de mode africaine structuré, moderne et engagé, où des talents comme Ndaliko Sifa Aline s’imposent désormais comme des actrices clés du changement.