Invité lors d’un Live Space organisé cette semaine par le journaliste Stanis Bujakera, le Secrétaire général de la CENCO, Mgr. Donatien Nshole, est revenu sur la très controversée problématique de changement de la constitution et la position de l’église catholique qui s’est clairement opposée à cette initiative « expliquant n'y voir ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité », et avançant que ce dernier comporte des risques énormes dont la balkanisation du pays.

Mgr. Donatien Nshole a ainsi rejeté toute accusation de complaisance envers le mouvement rebelle affirmant que « la CENCO n'a jamais et n'encouragera jamais la rébellion », rappelant également que l'institution a « plusieurs fois recommandé au gouvernement de mettre les moyens pour avoir une armée forte, et plusieurs fois condamné l’activisme des groupes armés. »

Mgr Nshole a toutefois dressé un constat sombre sur la situation militaire expliquant que l'État congolais « ne se montre pas en mesure de sauver l'intégrité territoriale. »

Il a aussi averti que le contrôle prolongé de l’AFC/M23 d’une bonne partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu risque d’entraver une éventuelle récupération de cette zone par le pouvoir actuel ou à venir : « Plus le temps passe, plus l'administration des zones occupées se consolide. Si on ne fait pas attention, ça sera difficile pour le pouvoir actuel ou à venir de récupérer le territoire », a-t-il déclaré.

Un risque bien réel

Il faut dire que cette alerte de Mgr. Donatien Nshole a déjà été émise par les détracteurs de Félix Tshisekedi qui considèrent eux aussi son initiative comme un tremplin à la balkanisation du pays, ou même à la soudanisation de l’Est de la RDC, évoquée par l’ancien président Joseph Kabila, si la crise en cours dans le pays persiste. 

Aussi, ce risque est d’autant plus réel considérant que l’AFC/M23 se constitue en véritable Etat avec une administration remplissant toutes les missions étatiques et une armée dont les militaires sont désormais rémunérées.

D’ailleurs, les responsables politiques de ce mouvement rebelles qui occupe des agglomérations comme Bunagana dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu depuis plus de 4 ans maintenant, n’ont eu de cesse d’affirmer que leur administration et leurs cadres politiques sont définitifs et non transitoires, assurant que plus jamais l'administration de Kinshasa ne reviendra dans les zones qu’il contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.