Un rapport de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu dans l’Ets de la République démocratique du Congo Des civils dans l’Est de la République démocratique du Congo fait état d’une crise des droits humains d’une gravité exceptionnelle, marquée par des allégations de violences sexuelles et d’homicides illégaux.
Dans ce rapport publié ce lundi 29 juin 2026, la Commission a indiqué que la détérioration de l’environnement sécuritaire — marquée par des déplacements massifs de civils, l’affaiblissement des institutions publiques et un conflit régional d’une grande complexité — laisse les habitants des zones touchées vulnérables et sans protection : « Nous avons reçu des témoignages profondément préoccupants concernant les enfants, les violences sexuelles liées au conflit, y compris l’esclavage sexuel, le recrutement forcé, les homicides illégaux, les arrestations arbitraires et les attaques contre des écoles et des établissements de santé », a déclaré Arnauld Akodjenou, président de cette Commission.
Créée par le Conseil des droits de l’homme pour enquêter sur les violations et atteintes présumées au droit international des droits humains et les violations du droit international humanitaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, cette Commission affirme avoir tenu plus de 50 consultations en ligne et plus de 30 réunions en personne avec divers interlocuteurs dans la capitale Kinshasa notamment où elle dit avoir rencontré en personne, individuellement et dans le cadre de réunions de groupe, des victimes, des survivantes et survivants ainsi que des organisations les soutenant, des défenseuses et défenseurs des droits humains, des acteurs de la société civile, des représentants du Gouvernement, des entités des Nations Unies, des diplomates et l’institution nationale des droits humains.
Une descente sur terrain à Goma prévue pour la suite de l’enquête
Cette commission d’enquête indépendante des Nations Unies qui indique que la situation sécuritaire et sanitaire instable a empêché l’accès à la ville de Goma, QG de l’AFC/M23, a fait savoir qu’elle compte bien se rendre dans les zones touchées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris dans le chef-lieu du Nord-Kivu « dès que les conditions de sécurité et les conditions opérationnelles le permettront. »
« Les enquêtes étant toujours à un stade préliminaire, la Commission n’est pas encore en mesure de se prononcer sur la nature ou l’ampleur des violations, ni de tirer des conclusions définitives. La Commission ne préjuge ni des faits ni des responsabilités », a déclaré pour sa part la Commissaire Maxine Marcus qui a également indiqué que la responsabilité commence par l’écoute des victimes et des survivants, la protection de leur dignité et la garantie que leurs expériences ne soient ni ignorées ni effacées.
Elle a par ailleurs signifié que les témoignages recueillis au cours de la mission font toutefois état d’allégations accablantes concernant les effets du conflit sur les civils — y compris les enfants — ainsi que sur les survivantes et les survivants de violences sexuelles, les personnes déplacées et les communautés en situation de vulnérabilité.
Des entraves à l’accès humanitaire
Aussi, cette Commission, qui a appelé tous les acteurs concernés à coopérer pleinement avec ses travaux, dit avoir reçu des informations faisant état d’entraves à l’accès humanitaire, de mauvais traitements dans des lieux de détention ne respectant pas les garanties juridiques fondamentales, ainsi que de menaces et d’actes d’intimidation visant des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres personnes documentant ou signalant des violations : « Aucune victime, aucun témoin, aucun défenseur des droits humains, journaliste ou représentant communautaire ne devrait faire l’objet d’intimidation, de représailles ou de mesures de rétorsion pour avoir coopéré avec des mécanismes des Nations Unies, y compris la présente Commission », a poursuivi pour sa part le Commissaire Clément Voule.
Dans la foulée, cette commission d’enquête indépendante des Nations Unies a rappelé l’obligation qui incombe à toutes les parties au conflit, ainsi qu’à tous les acteurs exerçant un contrôle ou une influence sur un territoire ou des communautés, de faciliter un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave aux populations touchées, notamment aux femmes, enfants, personnes handicapées, personnes âgées et autres personnes se trouvant dans des situations de vulnérabilité accrue.
Elle a également demandé que les travailleurs humanitaires, le personnel médical et les acteurs de la protection puissent accéder en toute sécurité aux victimes et aux communautés touchées, y compris dans le contexte de la riposte à l’épidémie d’Ebola.
Enfin, cette Commission a souligné la nécessité absolue de placer les victimes au centre de tous les efforts de lutte contre l’impunité et a appelé les autorités nationales comme la communauté internationale « à traiter cette crise avec la plus grande urgence et à prendre des mesures concrètes pour préserver les couloirs humanitaires, protéger les observateurs locaux des droits humains exposés à des risques, et soutenir des enquêtes crédibles et indépendantes » : « Les souffrances portées à notre attention appellent plus que de la préoccupation. Elles exigent une attention soutenue, une enquête rigoureuse et un engagement international déterminé », a conclu M. Akodjenou réaffirmant l’engagement ce cette commission d’enquête indépendante des Nations Unies à établir les faits de manière indépendante et impartiale, avec le sérieux et l’urgence requis, conformément à son mandat et aux meilleures pratiques internationales relatives à la collecte, à la préservation et à l’analyse des informations et éléments de preuve.