Par Claudel Lubaya

Dans sa tentative désespérée et maladroite de modifier notre Constitution afin de s’éterniser au pouvoir jusqu’au retour de Jésus, objectif aussi irréaliste qu’impossible à atteindre, le régime a choisi une nouvelle stratégie : instrumentaliser certains prédicateurs véreux, issus pour la plupart d'un même espace sociolinguistique, transformés pour le besoin de la cause en relais politiques du pouvoir.

Engagés dans une cause perdue d’avance, ils ne prêchent plus l’Évangile du Christ, mais l’évangile du changement de la Constitution, transformant les autels en tribunes politiques et la foi en instrument de propagande au service du pouvoir.

Toute une garnison de pseudo « hommes de Dieu », qu’un de leurs n’a pas hésité à qualifier de « lépreux », écume les médias à longueur de journées.

Ils s'efforcent de mentir à leurs fidèles qu'ils croient, à tort, naïfs, manipulables et incapables de discerner la frontière entre foi et propagande politique.

Sous couvert de discours spirituels, les soi-disant "oints de Dieu" tentent désespérément de vendre l’idée saugrenue d’un changement de Constitution présenté comme un impératif national, alors qu’il ne s’agit, en réalité, que d’un projet de confiscation du pouvoir au profit d’un individu et de sa famille. C’est un combat perdu d’avance.

Car aucune propagande religieuse, aucune instrumentalisation de la foi, aucune mobilisation communautaire ne pourra masquer la réalité d’une initiative profondément partisane, exclusive et dangereuse pour l’équilibre national.

A force d’instrumentaliser la foi, de manipuler l’opinion et d’ethniciser dangereusement le débat politique, le pouvoir prend le risque de fracturer davantage la nation, d’exacerber les tensions et d’exposer inutilement le pays à une crise aux conséquences imprévisibles.

Aucun habillage religieux, aucune propagande orchestrée, aucune campagne de conditionnement psychologique ne pourra transformer une ambition personnelle quoique brandie comme une prétendue volonté divine, en volonté populaire.

Par Claudel Lubaya