Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a rendu publique cette semaine une directive encadrant l’implantation et l’exploitation des médias étrangers sur le territoire congolais. 

Cette mesure concerne toute chaîne TV, radio, presse écrite ou média en ligne étranger disposant de bureaux, correspondants ou relais techniques en RDC, ou visant expressément l’audience congolaise via des accords publicitaires locaux.

Avant toute installation, chaque média étranger doit désormais obtenir « un Avis Conforme du CSAC » renouvelable tous les 3 ans et attestant de la conformité du projet aux lois congolaises et aux impératifs de souveraineté nationale.

Le prix de cet avis comprend les frais d’examen fixés à 10.000 dollars pour les radios, 15.000 dollars pour les télévisions et 5.000 dollars pour la presse écrite et en ligne.

Au-delà de l’avis initial, chaque média autorisé paie des Frais Annuels de Diffusion, dus avant le 31 mars de chaque année.

Ils sont fixés à 50.000 dollars pour les radios, 75.000 dollars pour les télévisions et 25.000 pour la presse écrite et en ligne.

Tout retard entraîne une pénalité de 10 % par mois, précise la directive du CSAC qui ajoute que les médias déjà installés sont aussi concernés : « Les opérateurs étrangers déjà présents en RDC doivent se mettre en conformité dès l’entrée en vigueur de la directive en sollicitant l’avis conforme et en s’acquittant des frais annuels », a-t-il signifié.

En cas de non-respect, le CSAC adressera des avertissements, une suspension temporaire puis une suspension définitive avec retrait du signal, voire même une procédure judiciaire.

Cette directive a été adoptée le 8 décembre 2025 avant d’être signée par le président du CSAC Christian Bosembe qui indique qu’elle s’inscrit dans une logique de souveraineté informationnelle et numérique revendiquée par le gouvernement congolais.

Sur terrain, l’on rapporte que des correspondants étrangers « peinent à renouveler leurs visas » ; certains envisagent de quitter le pays.

D’après des témoignages recueillis, plusieurs journalistes étrangers basés en République démocratique du Congo se heurtent depuis plus d'un an à des difficultés pour renouveler leurs visas, enchaînant les rendez-vous sans succès auprès des autorités compétentes.

Et avec cette situation, les démarches pourraient se compliquer davantage puisqu’en plus de l'accréditation déjà payante, les journalistes étrangers pourraient se voir demander un permis de travail délivré par la Direction générale de la migration (DGM).