Par Claudel Lubaya

Visiblement sonnée par le message aussi limpide que cinglant de l'Église catholique, rendu public samedi dernier, l'Union sacrée a réuni, hier, ses thuriféraires les plus zélés, rejoints pour l'occasion par quelques convertis de circonstance et autres hypocrites, dans l'espoir d'esquisser une riposte politique qui n'a pas été à la hauteur, se réduisant à une succession d'invectives et de postures défensives, comme les derniers soubresauts d'un pouvoir conscient que son crépuscule approche.

Cette démonstration avait les allures d'une grand-messe funèbre, prélude aux obsèques politiques de la famille politique du président sortant.

Au terme de cette réunion, les participants n'ont trouvé d'autre refuge qu'une longue diatribe où se mêlaient mélancolie, arrogance, fébrilité et invectives.

Leur prestation a laissé transparaître les signes d'un régime inquiet, conscient que le sol se dérobe sous ses pieds.

Pour hier, ce n'était pas une réunion politique, mais une cérémonie d'adieux. L'atmosphère avait tout d'une veillée funèbre.

Les visages étaient fermés, tirés par une inquiétude qu'aucun sourire de circonstance ne parvenait à masquer.

Les regards, éteints et perdus, semblaient contempler l'inévitable perte de pouvoir. Les pas étaient lents, les épaules affaissées, les poignées de main hésitantes, comme si chacun avançait derrière le cercueil d'un régime dont l’inhumation ne va plus tarder.

Les conversations se déroulaient à voix basse, entre silences pesants et soupirs résignés, tandis que chacun, gagné par le doute, semblait mesurer l'ampleur d'une fin de règne désormais difficile à conjurer.

Le discours, ou plutôt l'oraison funèbre, résonnait comme un ultime hommage rendu à un pouvoir agonisant.

Déclamé avec une colère fébrile et une nervosité à peine contenue, il oscillait entre le déni, la fuite en avant et les attaques contre les évêques catholiques, comme si l'invective pouvait encore repousser une échéance qui semble désormais irréversible.

A défaut de répondre aux arguments de fond développés par les évêques, les « changistes » ont préféré recourir à la recette habituelle du pouvoir : tenter maladroitement de disqualifier les messagers plutôt que de répondre au message.

Une mécanique de propagande désormais si prévisible qu'elle ne trompe ni n'intimide plus personne.

Les évêques catholiques ont ainsi été présentés comme les relais du Rwanda, de l'ancien président Joseph Kabila ou du M23.

Comme si ces invectives suffisaient à justifier, à elles seules, leur funeste projet de changement de la Constitution.

Dans cette atmosphère de deuil, ils ont cherché un dérisoire réconfort en applaudissant à tout rompre la charge aussi vulgaire que virulente dirigée contre les évêques.

Comme il arrive parfois lors des funérailles, les éclats de voix tentaient en vain de masquer le chagrin et l'inéluctabilité de l'heure.

Cette fuite en avant n'a en rien repoussé les obsèques politiques qu'ils redoutent tant. Au contraire, elle semble les avoir précipitées.

Les invectives ont davantage révélé les convulsions d'un pouvoir à l'agonie que la vigueur d'un régime sûr de lui.

Hier, en attendant la levée du corps et l'inhumation au cimetière de l'histoire, l'Union, qui n’a rien de sacré, a donné l'image d'une famille politique réunie pour une ultime veillée, non plus autour d'un projet, mais des restes d'un pouvoir en décomposition, qui ne tient plus que par le récit qu'il fait de lui-même.

Ne manque plus que la date de l'inhumation politique. Ainsi sonne le glas.

Par Claudel Lubaya